Changer sa vie. Chapitre 3. Partie a

Changer sa vie, vers la lumière. Livre auto-édité

Je suis dans la dernière ligne droite de l’écriture de mon premier roman. Il s’agit d’un roman autobiographique. Un parcours romancé. Je souhaite vous embarquer dans l’aventure, j’ai envie d’avoir vos retours, vos commentaires. L’idée est de produire un livre qui vous plaise le plus possible. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Laissez vos commentaires, vos suggestions en bas de page.

Merci de jouer le jeu !

Petit week-end en amoureux. J’ai dégoté un hôtel charmant en bord de mer. Ah qu’il est bon de flâner lorsque les touristes sont partis. Le corps de Cora change petit à petit, côté poitrine, c’est la fête ! Le ventre aussi commence à se faire plus présent, cela permet de prendre conscience et de se préparer tranquillement à la naissance. Trouver un prénom. Encore quelques semaines à vivre séparés, puis Cora va déménager, nous allons enfin retrouver notre quotidien de couple. C’est étrange, pour nombre de personnes, rien que l’évocation du mot quotidien les effraye ; elles craignent la routine. Moi j’adore la vie à deux, au quotidien. Quotidien, cela ne signifie pas forcément le train-train. Chaque jour est une nouvelle opportunité de s’aimer, de partager, de découvrir de nouvelles choses.

La promenade sur la jetée nous a donné faim. Nous trouvons un restaurant alléchant avec une terrasse, l’océan en toile de fond. L’air est doux, on sent les embruns, fichtre que c’est plaisant. J’ai l’impression d’être plus sensible aux odeurs. Depuis que j’ai arrêté de fumer.

Et oui ! J’ai arrêté depuis plusieurs semaines ! J’ai terminé le livre que ma copine m’avait indiqué. Un peu du bourrage de crâne, mais efficace néanmoins. L’auteur indique au moins 60 % de réussite, pas mal pour un simple bouquin ! A la fin de la lecture, j’avais bien compris les mécanismes de la tabagie. Lorsque l’on fume, on introduit dans son corps une petite dose de nicotine. La nicotine est très volatile, elle disparaît de l’organisme après seulement quelques heures ou minutes. Ce qui crée un stress. C’est pour cela que lorsque l’on interroge un fumeur sur l’effet de la cigarette sur lui, est souvent cité la détente. C’est comme si vous portiez des chaussures trente-cinq fillette toute la journée pour le soulagement d’enfin les enlever le soir. Quand l’on a compris cela…

                                                                                                                   Ambiance sonore proposée par l’auteur

Lorsque je me suis senti prêt, j’ai décidé de fumer ma dernière cigarette. Ce que j’ai ressenti à ce moment était très surprenant, j’ai ressenti un grand soulagement, une libération. On aurait pu s’attendre à du stress, de l’angoisse, comme lorsque l’on écoute les récits de tous ceux qui ont tenté de stopper auparavant, mais là non, pas du tout. Alors les trois premiers jours, c’était un peu bizarre, désagréable, j’avais la langue qui picotait. C’est la phase qui correspond à l’évacuation totale de la nicotine, mais j’étais prévenu le livre donnant tous ces détails. Et puis à la fin d’un repas par exemple, je me dis tiens, je vais me rouler une petite cigarette, comme d’habitude. Hé, mais non ! C’est vrai je ne fume plus ! Et c’est tout, pas d’envie spéciale. Si j’avais su que c’était aussi simple !

Alors là, alors que je suis en train de déguster mon plateau de fruits de mers, lorsque la fumée de la table voisine chatouille mes narines, je suis plutôt énervé et désagréable, un peu agressif. J’ai l’impression de manger en étant sous le pot d’échappement d’une voiture mal réglée. Dire qu’auparavant, le rituel c’était de fumer à l’apéro, entre chaque plat et avec le digestif. Incroyable, comment ai-je pu m’intoxiquer de la sorte. Je suis maintenant profondément dégoutté de la cigarette. Quelle liberté, fini d’être à cran le dimanche soir, car il n’y a plus un seul tabac d’ouvert et que mon paquet est presque vide ; fini de laisser partir mon argent en fumée ! Je crois que je vais faire une petite cagnotte avec ce que je mettais avant en tabac pour m’offrir un beau briquet.

Et d’ailleurs à propos d’apéro, en apéro j’ai pris une eau gazeuze ! Ouhou, le grand fou ! Funky, funky ! Au bout d’une semaine, je suis retourné voir l’alcoologue, tout content d’avoir tenu une semaine entière sans une goutte de ce breuvage empoisonné.

« Comment s’est déroulée cette semaine ?

— Un peu stressant au début, un peu désappointant, surtout dans les premiers temps. Plus mes repères, mais pas trop de sensation de manque.

— Parfait, Monsieur Martin. Alors on tente de prolonger le défi pour une semaine supplémentaire, qu’en pensez-vous ? »

Ce type me tue. Escroc ! Ah d’accord c’est comme cela que ça marche avec toi. J’ai comme l’impression de me faire avoir. Mais bon, que faut-il attendre d’autre d’un alcoologue ; après tout je suis venu pour arrêter de boire. Je croyais quoi, qu’on allait fêter cette semaine d’abstinence au champagne ?

Dépité, pour donner le change, je rétorque donc : « Ah oui d’accord. Oui, oui je veux bien tenter ».

Cela fait maintenant deux mois que je me suis mis à l’eau, mais pas au pain sec. Qu’est-ce que je me sens mieux. Franchement, je ne perds pas au change. Fini les lendemains qui déchantent, tout pâteux, tout miteux ! Garder l’esprit clair en permanence, c’est agréable, j’avoue. Et souvent, plus je buvais, plus j’avais envie de fumer. Alors arrêter les deux ensemble, c’est plutôt une bonne chose. Au fait, pour le briquet c’était une blague ! Je ne sais pas à quoi pourrait bien servir la cagnotte, on verra.

J’écoute toujours les CD de rééducation de l’oreille, j’ai l’impression de retrouver une partie de mon audition. Et je commence à m’habituer à ces satanés acouphènes ; ils sont moins oppressants, même s’ils sont toujours présents. L’acousticothérapeute m’a conseillé en parallèle de consulter un acupuncteur.

Je suis donc allé à la découverte de ce nouvel univers pour moi. Quand il démarre une séance, le « piqueur » prend les pouls. Je découvre qu’il existe plusieurs formes de pouls. On ne mesure pas juste le rythme des pulsations comme je le croyais, mais aussi sa vigueur, ses variations. Cette palpation renseigne sur l’état de santé général et sur celui de nombreux organes internes. L’acupuncture est une partie de la médecine traditionnelle chinoise, connue depuis des millénaires ; elle permet de rééquilibrer les énergies qui circulent dans les canaux énergétiques – les méridiens – qui parcourent l’ensemble de notre corps. En Asie, l’acupuncture est parfois utilisée lors d’opérations chirurgicales lourdes à la place d’anhestesiants. Je n’avais jamais entendu parlé de cela auparavant, notre médecine occidentale aurait bien des choses à apprendre. Énergie, énergie, encore l’énergie !

Laurence vient de m’envoyer un livret électronique qui parle du bonheur. Les sept clés du bonheur, tout un programme ! Je lisais cela d’un air un peu dédaigneux au début, mais finalement je crois que je me prends au jeu : chaque semaine un nouveau thème à étudier. Il y a un thème qui m’interpelle vraiment : vous n’êtes pas vos pensées. Je me rappelle enfant au Judo, en fin de séance le professeur nous faisait nous allonger ; et il nous demandait de ne penser à rien ! Peine perdue ! Plus on pensait à rien, et plus les pensées venaient. J’en avais conclu que cela n’était pas possible.

Mais là ce que le gars nous dit est différent : vous n’êtes pas vos pensées. Comment cela ? Je pense donc je suis, je l’ai suffisamment entendu cela, quand même. Il nous dit si vous croyez que vous choisissez vos pensées et en êtes le maître il est très facile de vous démontrer le contraire. Attendez deux secondes avant de lire la suite, je vais vous faire la démonstration. Êtes-vous prêt ?

Ne pensez surtout pas à un éléphant rose. Surtout n’y pensez pas. Alors, résultat ? Vous n’y pensez pas ? Raté, j’ai créé cette pensée en vous. D’accord, si je ne suis pas le maître de mes pensées, qui est ce maître ? Nous ne sommes pas nos pensées. Penser est une fonction de notre corps. Tout comme la vue, l’ouïe ou l’odorat. Nous ne nous identifions pas à ce que nous voyons ou ce que nous entendons ; ce n’est pas nous. De la même manière ce que nous pensons n’est pas nous. Gloups !

Avant ma vingtaine, je me posais beaucoup de questions sur la vie, son but, son sens. J’avais fait un tour des religions qui existantes pour trouver mes réponses, car mon entourage ne m’avait rien fourni de satisfaisant à ce jour.

Avec mon pote Martial, nous en étions arrivé à la conclusion que nous étions là pour créer le sens de nos vies ; c’est la meilleure réponse que nous avions pu avoir à l’époque, mais cela m’a toujours un peu semblé oiseux. La terre, une boule qui flotte dans l’espace avec toutes ces êtres qui vivent dessus, mais à quoi ça peut bien servir au juste… Qu’est-ce que je fais la dedans ? Cette question je me la posais déjà étant enfant, je me rappelle un dîner mouvementé où j’avais fondu en larmes en demandant à mes parents : « Mais qu’est-ce que je fais là, je n’ai rien demandé ». Je ne me rappelle plus la réponse que j’avais reçu ; sans doutes rien de satisfaisant. Je n’ai pas beaucoup progressé depuis.

Donc ce tour des religions m’avait vite fait écarter la piste de la chrétienté, le paradis, l’enfer. « Priez pour nous, pauvres pécheurs », je trouvais cela d’une lourdeur et d’un glauque. Vide de sens. Idem pour le vocabulaire incompréhensible : le péché, le saint-esprit, l’expiation, l’intercession, la miséricorde, le christ en croix, etc. Du grand n’importe quoi. J’ai beau avoir été bercé la dedans, je bloque. Mes parents nous avaient envoyé au catéchisme et à la messe ; mais il n’y avait aucun relai à la maison ; comme si la question du pourquoi de l’existence semblait avoir été « délocalisée » à l’église. Apparemment j’étais le seul à me poser cette question sans objet pour les autres. Les gens allaient à l’église, et ensuite ingurgitaient leur canon de rouge au café du coin avant de reprendre leur vie comme avant sans se rappeler ce qu’avait pu raconter le curé quelques instants auparavant. Quelques valeurs chrétiennes me semblaient tout de même empreintes de vérité universelle : l’amour, le partage, faire le bien plutôt que le mal.

A l’époque, l’islam, c’était pas à la mode et cela me paraissait bien trop éloigné de moi, de ma culture pour m’attirer, même si la racine est la même que pour les chrétiens. Donc je n’ai même pas cherché à creuser. Même chose pour le judaïsme.

Alors rapidement j’ai découvert le zen, le bouddhisme et l’Hindouisme, le soufismeii. Cela me semblait bien plus prometteur et excitant. Je découvrais une philosophie de vie plus qu’une religion et cela me parlait beaucoup plus. C’est à ce moment-là que j’ai entendu parler de l’éveil pour la première fois. La quête de l’éveil. J’ai découvert une spiritualité laïque. Des prédécesseurs avaient tenté de répondre aux même questions que moi sans nous faire avaler des trucs abracadabrantesques (la mer qui se coupe en deux, les anges, l’enfer). Enfin, je n’étais plus si seul !

J’étais en phase avec le « ici et maintenant » ainsi que « être plutôt qu’avoir ». Cela m’a orienté. J’ai essayé de méditer, de me tenir assis et d’observer ce qui se passait. J’ai pas trop compris comment cela fonctionnait et je n’ai trouvé personne avec qui progresser sur ces sujets. Mon monde n’incluait pas de personnes de ce genre.

Mais je n’ai pas continué à explorer ce domaine, de manière livresque essentiellement, pendant très longtemps. A vingt s’offraient à moi l’autonomie, les voyages, les filles et la fête. Alors j’avais clairement d’autres chats à fouetter. La vie monacale demain, le monde aujourd’hui devisais-je !

Cette révélation que je ne suis pas mes pensées m’a vraiment intéressé : je me suis remis à la méditation, mais d’une manière un peu différente que ce que j’avais essayé avant. Précédemment, je voyais méditer comme réfléchir à un sujet, penser à quelque chose. Là depuis que j’ai compris, du moins intellectuellement, que je ne suis pas mes pensées, j’envisage les choses un peu différemment. Tous les matins je mettais mon réveil une heure plus tôt pour méditer. Je ne savais pas trop ce que c’était que méditer. J’ai commencé en essayant d’observer mes pensées, je les regarde passer. Entendu, j’observe. Et au bout de cinq secondes, je suis reparti dans le flot des pensées, mais quel bazar ! Je ne sais pas ce que cela m’apporte, mais j’ai chaque jour envie de recommencer.

Bienvenue sur la voie, Arnaud Desjardin

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