Changer sa vie. Chapitre 1

Roman Changer sa vie, vers la lumière

Je me suis toujours demandé ce que je faisais sur Terre. De découvertes en surprises, Marc nous partage son chemin sans concession; mais avec légèreté.

 

Dur de se remettre du décalage horaire. Plus de sept heures entre Paris et Sydney ! Et dire qu’il y a deux

jours nous étions encore à plonger au sein de la grande barrière de corail , à nager avec les raies manta. Toutes ces couleurs, les poissons clown, la douce caresse de la mer sur la peau et le soleil qui nous réchauffe. Quel dépaysement. J’ai vraiment passé de fantastiques vacances avec ma chérie. La plage, les restaurants, les câlins. Ah oui et ce truc immangeable, la vegemite ! Les locaux s’en font des tartines, une sorte de purée de légumes, très salée ! Pouah, rien que d’y repenser le goût horrible me revient dans la bouche ! Parait qu’il faut être né la bas, et élevé au vegemite pour apprécier ! Il y avait l’accent australien aussi, pas piqué des hannetons ! Pour dire bonjour : G’day mate ! Les Australiens sont dans l’ensemble plutôt avenants et agréables. Trois semaines géniales, nous avons des souvenirs plein les yeux, la peau toute dorée.

Le retour à la capitale est comme un choc, le ciel est gris, les Parisiens sont désagréables. Que l’air est pollué, il y a aussi toute cette agitation de la vie citadine, les embouteillages et du monde, trop, partout. Il faut prendre un peu de distance avec son quotidien pour se rendre compte de tous ces détails. J’aurais aimé rester en vacances, insoucieux, passer à mon temps à me prélasser, à découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles personnes, d’autres façon de faire à manger, de se comporter. Que c’est fascinant ces décalages entre deux civilisations ! Chaque voyage apporte tant de découvertes.

Et dire que demain je dois retourner travailler. Remarque pendant ces semaines, je n’ai pas eu une seule pensée pour le bureau ! Pas vraiment harassant, mais d’un ennui. Passer son temps en réunion, des projets qui n’avancent pas, brasser du vent. Ah les grosses boites c’est quelque chose : il y a tellement de monde que toute responsabilité est diluée, tellement de lobbies que les puissants font et défont les projets en un rien. Je me remémore encore mon dernier gros projet. Au dernier comité de pilotage : arbitrage budgétaire Pfiouh ! Trois ans d’efforts réduits à néant, partis en fumée. Le projet est abandonné faute de moyen. Le manque de moyens, c’est pas vraiment ce qui saute aux yeux dans cette banque !

Au début on y croit, on est fier de participer à cette grande machine, ce paquebot. Mais à force de voir ses efforts annihilés en un clin d’œil sans jamais trop savoir pourquoi…il est facile de passer du désabusement à l’indifférence. Compensation, le salaire est à la hauteur, prestataire informatique c’est le bon filon. J’en reviens toujours pas, tant d’argent pour si peu de résultats, bon je vais pas me plaindre ! Heureusement qu’il y a des vacances pour supporter ce « travail ». Comme tous les collègues on part deux ou trois fois par an à l’autre bout du monde, profiter de la chaleur, des plages.

 

                                        Que diriez-vous d’un petit morceau de piano, pour accompagner votre lecture ?

Retour à l’appartement. J’ai dégoté un 60 m² dans le 14e arrondissement il y a déjà 5 ans. Un rez-de-chaussée, avec cour intérieure privative, s’il vous plaît ! Quel luxe de pouvoir profiter d’un coin de verdure en plein Paris. Sans parler de l’ascenseur à voiture, jamais besoin de tourner pour se garer. Enfin, bientôt il faudra en parler au passé. Nous voulons avoir un bébé, mais sûrement pas dans cette ville de dingues, trop de monde, trop de bruit, trop d’embouteillages, trop de tout, quoi ! Alors on cherche à quitter cette ville. Sans doute, faut-il être né ici, pour pouvoir y rester.

Le frigidaire est vide bien sûr. « Chérie tu vas faire des courses ? Mon équipe de jeu vidéo sur Internet piaffe d’impatience de me retrouver » tentais-je. Je les avais presque oubliés ceux-là ! Allez hop, je retrouve mon mage surpuissant. Houla ! le stuff à bien évolué depuis mon absence. Quoi, mon équipement n’est plus au top, il faut que je m’empresse de faire les nouvelles quêtes et réaffirmer ma place dans la guilde. Qu’est-ce que je peux passer comme temps sur ces jeux en ligne, c’est chouette j’ai l’impression d’être un héros ! « Ah, non, vas-y Marc, je dois défaire les valises et nettoyer tout ce linge. » Tant pis, j’aurais essayé… Finalement tant mieux, je vais pouvoir me prendre mes bières à la p’tite épicerie. Ce sera service minimum, chips, saucisson et binouses. C’est ma tournée ! Ah oui et je n’ai plus de cigarettes non plus. « Bon, okay Cora, je m’en occupe.

— Quoi tu as ramené des fraises ? Mais Marc, on est au mois de décembre !

— Oui c’est pour te faire une surprise. Regarde, j’ai même de la chantilly.

— Mais, enfin les fraises, c’est l’été pas en plein hiver, voyons ! »

C’est vrai ça… Mais pourquoi est-ce que mon épicier de quartier me propose des fruits et des légumes qui ne sont pas de saison ? Pourtant elles étaient belles ces fraises. Et dire que j’ai failli prendre aussi des tomates pour faire plaisir à Cora qui les adore. Je ne sais même plus ce qui pousse à quelle saison, tellement c’est facile de trouver n’importe quel produit à n’importe quel moment.

« Et, tu as encore ramené ces fichues bières.

— J’en ai pris que trois, c’est pour l’apéro, regarde j’ai aussi pris quelques gâteaux.

— Trois bières à 9°, la belle affaire ! Tu sais bien que je ne les apprécie pas, je ne sais pas comment tu peux ingurgiter cela.

— Bah, c’est pour me détendre…

— Te détendre ?? Mais Marc, on rentre de congés, t’es tendu, là ?

— … »

Quelle rabat-joie ! Quand j’étais célibataire, c’était autre chose, je fais des efforts quand même. Toujours la même histoire. Le matin je me dis, bon allez pas d’alcool aujourd’hui, et passé dix-huit heures, toutes mes défenses s’effondrent. Peut-être que je devrais faire quelque chose ?

Sept heures. Allez zou, debout, je me prépare pour retrouver le bureau. Je me rase et prends mon bain, branché sur la chaîne d’informations continues. Encore des guerres, la bourse qui va mal. Mais, que se passe-t-il ? Je ne me sens pas très bien ce matin. Oh ce n’est rien, cela va passer. Allez un jus d’orange glacé et une biscotte. En route pour le bureau.

J’ai hâte de retrouver mes collègues et raconter mes super vacances. En plus je viens de m’offrir le dernier Palm Pilot couleur, un agenda électronique révolutionnaire : on peut synchroniser son agenda, ses mails… Et cerise sur le gâteau, pour les réunions, on peut y installer plein de jeux ! Je vais faire des jaloux ! J’y ai mis aussi mes photos de plage ! J’enfile mon costume, un bisou à ma chérie, direction le métro.

C’est pas vrai, cela continue. J’ai la tête qui tourne, des vertiges. Je titube. Il faut que je m’appuie contre un mur. Je respire profondément. Ça doit être l’avion, ça va passer. Je vais me chercher un grand verre d’eau. Là, une terrasse. Je reprends mes esprits. Les vertiges s’estompent. Tiens, mais, j’ai les oreilles qui sifflent, un peu comme un effet larsen en continu. Bon allez, faut que je file au boulot, sinon, je vais encore être plus en retard que d’habitude.

En rentrant du travail, je me suis arrêté chez un primeur. Dans la journée, j’ai eu le temps de regarder les légumes de saison. Coralie va être contente. Je vais lui mijoter des filets mignons de porc, accompagnés d’une poêlée de choux et d’une purée de navets, le tout arrosé d’un petit Saint Emilion (qui doit être bon, vu le prix qu’il m’a coûté).

« Bonsoir chéri. Hum ça sent bon. Qu’est-ce que tu nous prépares ?

— Haha, surprise du chef ! »

Cuisiner c’est sympa, mais qu’est-ce qu’il y a comme bazar après. Tout est prêt, ah non, tiens une bougie pour l’ambiance. Je goûte ce vin. Pas mal, long en bouche, structuré. J’y connais rien mais cela fait toujours son effet !

« A table !

— Ton repas est un délice mon p’tit canard.

— Et tu as remarqué ?

— Heu ? Tu t’es rasé ?

— Mais non ! Choux et navets !

— ?

— Et bien que des légumes de saison ! J’ai trouvé un super site sur le net, qui te donne tous les légumes mois par mois, avec des idées de recettes.

— Très bon, mais pas très léger. Tu es sûr que c’est un menu pour le soir ?

— Mais oui… Je te rassure, il y a un dessert, mais il ne se mange pas ! dis-je en me trémoussant suggestivement.

— Coquin ! »

En me réveillant, le lendemain matin, je constate que mes oreilles bourdonnement encore. C’est agaçant ce bruit permanent. Mais qu’est-ce qui se passe. Ça siffle comme après qu’un plaisantin à la kermesse ait fait exploser un pétard à deux centimètres de votre crâne. Bon il faut que je me renseigne, qu’est-ce que cela peut bien être. Cela m’énerve…

Je vais faire quelques recherches. Qu’est-ce donc ? Voyons voir, bourdonnements, sifflement continu. Cela peut venir d’un choc sonore, ha oui peut être le bruit de l’avion, mouais, c’est pourtant pas la première fois que je prends l’avion sans avoir de séquelles. Bouchon de cérumen ? Médicament, maladie, suite de grossesse. Ah voilà c’est cela ! Je suis enceinte ! ;-) Bon, j’attends encore quelques jours, et si cela ne passe pas, je vais voir un docteur.

« Pas de traumatisme sonore notable, dites-vous. Quel âge avez-vous ?

— 33 ans.

— Vous fumez ?

— Oui.

— Alcool ?

— Heu, alcool, pardon ?

— Consommez-vous de l’alcool ?

— Ah oui, pardon je n’y étais pas. Heu, disons, un peu…

— Ce que vous me décrivez ressemble fort à des acouphènes. Parmi les principaux facteurs aggravants, nous pouvons retenir la consommation excessive d’alcool et de tabac. Le stress aussi. Bien, il va falloir se livrer des examens complets. »

A-COU-PHE-NES : Perception généralement erronée d’une sensation sonore (bourdonnement, sifflement, grésillement).

Allons-bon… Ce que j’en vois sur les forums, sur le web ne m’a pas l’air fameux… Apprendre à vivre avec, traitements médicamenteux, chirurgie. Apparemment la médecine, n’a pas l’air très sûre d’elle.

Rendez-vous chez l’ORL. Confirmation du diagnostic par l’ORL.

« Vos acouphènes s’accompagnent d’une perte d’audition de 30 %. Génial, vaut mieux entendre cela que d’être sourd, haha. Va pour les médicaments.

— Revenez me voir sous quinzaine, si cela ne s’améliore pas. Par ailleurs, votre hygiène de vie peut avoir un réel impact sur l’évolution de vos acouphènes. »

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“Bizarrement, en faisant toujours les même choses, j’ai toujours les même résultats…”

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